LA CÔTE, 20.10.2002

Girard-Trophy -
Alain Prost joue placé et dresse le bilan



Propos recueillis par Denis Terrapon
(With friendly allowance of Denis Terrapon)

Le Girard-Trophy a vécu et bien vécu. Hier, les finales de cette compétition ont réuni un petit millier de passionnés, entre Gingins et Saint-Cergue. En ouverture de cette journée, la montée populaire non chronométrée a rencontré un vif succès. Venus en famille ou entre amis, les participants ont rivalisé d'originalité. VTT, vélo à moteur ou tandems ont ainsi côtoyé des coureurs à pied. Ceux-ci ont profité de s'adonner à leur footing dominical sur la route Blanche, fermée à la circulation pour l'occasion...

Une fois au sommet, tous ont pu partager leurs exploits autour d'un repas, non sans avoir assisté à une remise des prix orchestrée par un Daniel Girard aussi déchaîné que ravi. Et pour cause! Le citoyen de Bogis-Bossey a fait tomber hier le rideau sur le premier acte d'une "pièce" pilote dont le succès débouchera sur une extension nationale dès l'année prochaine (Swiss-Trophy).

Alain Prost joue placé et dresse le bilan. - Parrain de l'épreuve, le Nyonnais d'adoption termine troisième de sa catégorie et sixième de la course du jour.

Il est neuf heures et quart sur la place Perdtemps de Nyon. Le départ, sous conduite, de la course en ligne des V.I.P. doit être donné à Gingins dans une demi-heure à peine. Victime d'un ennui technique au moment du gonflage de sa roue arrière, Alain Prost (47 ans) oblige son ami Daniel Girard à sortir sa boîte à outils. Pas moins de quatre spécialistes s'affairent autour dudit cycle. La solution au problème est vite trouvée et les sourires retrouvés.

Dix heures, le peloton explose sur une attaque de Sven Montgomery. Seuls une poignée de coureurs parviennent à prendre la roue du représentant de la Fassa Bortolo. Parmi eux, Alain Prost se sent pousser des ailes. Sixième au final, le Nyonnais d'adoption s'est livré à quelques confidences exclusives.

Vous venez de côtoyer des pros du vélo. Ces derniers vous ont-ils refilé des tuyaux en matière de cyclisme?
C'est sûr. Notamment sur le plan du matériel. Les amateurs que nous sommes dépensent souvent des fortunes pour profiter de pièces dernier cri que certains teams pros n'ont pas les moyens d'acquérir. Une fašon de gommer en partie l'écart qui nous sépare des rois de la pédale. Au niveau tactique, j'ai appris aujourd'hui par moi-même que le fait de filer au train d'échappés en donnant des à-coups n'est pas judicieux.

Il paraît que vous avez fait suivre notre journal sur le lieu de vos vacances estivales, afin de suivre l'évolution du Girard-Trophy. Est-ce exact?
Non, pas vraiment. Je n'ai fait que transféré mon courrier en bloc. Reste que j'ai jeté un coup d'oeil furtif aux résultats de temps à autre.

Vous vous êtes fait souffler la première place de la catégorie "Master 3" (46-50 ans) sur le fil (il se classe troisième sur 136 participants). Des regrets?
Je n'étais même pas au courant. Il faut dire que je ne cherchais pas absolument à terminer en tête. Si j'ai "mouillé" pour cette course, c'est avant tout pour le plaisir et pour assouvir le besoin maladif que je voue à l'entretien de ma condition physique.

Entre votre première et votre seconde tentatives, vous avez amélioré votre chrono de 1'23'' (24'36'' contre 25'59''). Il ne vous manquait que 53'' pour participer à la finale du Top 20. Une qualification était-elle dans vos cordes?
Oui, certainement. Néanmoins, pour grignoter du temps sur un contre-la-montre, qui plus est en montée, il faut s'entraîner avec une grande motivation. Et je le répète, là n'était pas mon but. J'ai tiré le maximum de ma forme du moment, sans chercher à me surpasser. Mon esprit de compétition est plus acéré à l'occasion d'une cyclosportive. Un vétéran tel que moi peut en effet "voir venir" lors de ces épreuves longue distance.

Allez-vous encore cette année au-devant de sorties cyclistes?
Eh non! Ma saison est terminée. Le froid a raison de ma foi. J'ai pas mal roulé cette année, même si je rentrais en Suisse nerveusement cassé par mes semaines de travail passées en France.

Vous envisagiez (La Côte du 23 mai 2002) de rallier Saint-Cergue à vélo en compagnie de vos fils, Sacha et Nicolas. L'avez-vous fait?
Malheureusement pas. Ce n'est pas faute d'avoir essayé. Je peine à les convaincre de monter en selle, car ils sont davantage passionnés par le golf et les sports fun.

En tant que parrain attentif, quel regard final portez-vous sur le Girard-Trophy?
Le bilan est plus que positif et cela me ravit. J'ai ainsi accepté d'être l'un des parrains du Swiss-Trophy.

Cela fait tout juste dix ans que vous entretenez une passion pour la petite reine. Avez-vous déjà participé à une épreuve dont le succès populaire s'est révélé comparable à celui du Girard-Trophy?
Oui, pas plus tard que cet été, lors de l'étape du Tour de France ouverte à tous, à laquelle je prends part chaque année. Il y a presque autant de monde dans les cols qu'au moment du passage des pros de la Grande Boucle. Près de 2500 coureurs avaient pris le départ de la première édition. En 2002, le peloton comptait plus de 7000 âmes. A l'instar du Girard-Trophy, de nouveaux concepts naissent et se développent à travers le monde. Il y en a pour tous les goûts. A mon sens, l'engouement suscité par le cyclisme est devenu un véritable phénomène de société.

Propos recueillis par
Denis Terrapon



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